Si la possession d’un document d’identité nous semble normal en France aujourd’hui, ce n’a pas toujours été le cas. Non seulement il n’a pas semblé toujours utile mais sa mise en place a, parfois, été férocement combattu.

Utilisée à l’origine pour contrôler certaines catégorie de population, elle va devenir au cours du temps un moyen de contrôle généralisé mais aussi un document indispensable pour les opérations officielles de la vie courante.

La renaissance : les prémices

Bien que l’on connaisse depuis l’antiquité différentes solutions, principalement utilisées pour l’identification des voyageurs : saufs conduits, passeport, lettres de passage… c’est à partir du XVe siècle que l’on voit apparaître en France les premiers document écrits. Ce sont à la fois les  «passeports» ou «sauf conduits» qui permettent aux voyageurs de se déplacer  et  sont établis en général sur des feuilles volantes délivrées par des juges, des curés ou des secrétaires d’Etat. En 1539 que l’édit de Villers-Cotterrêts rend obligatoire la tenue de registres baptismaux, de mariages et de décès, gérés par le curé de la paroisse, ils servent principalement au recensement et accessoirement  à prouver l’identité d’un individu. Néanmoins  le système d’identification repose encore essentiellement sur la reconnaissance orale par des tiers, notables en général, de la commune où réside l’individu. A partir du  XVIIIe siècle  les documents d’identification se multiplient, notamment pour les militaires, dans le but de lutter contre la désertion, et on y voit apparaître un descriptif pour améliorer cette identification. En parallèle on voit s’améliorer et se généraliser les registres de population, avec un objectif de recensement fiscal.

De la Révolution à Vichy

La Révolution marque sa rupture d’avec l’Eglise et crée une fonction d’ officiers municipaux des mairies dans chaque commune devant  tenir un registre civil républicain qui se décline en 4 registres: naissances, publications de mariages, mariages (et divorces) et enfin le registre des décès. La même années les grandes villes lancent l’usage des cartes civiques. Des cartes spécifiques pour les forains et des «certificats d’hospitalité» pour les étrangers viennent compléter l’identification de la population. Sous Napoléon on voit apparaître le passeport intérieur destiné aux français circulant  hors de leur canton, en parallèle à la création du livret ouvrier qui accompagne la révolution industrielle du XIX ème siècle.

Mise en place de la carte nationale d’identité pour tous au XX ème siècle.

Dès 1917, un décret instaure une carte d’identité obligatoire pour les étrangers, puis en 1921 est instaure une  « carte d’identité de Français », qui demeure toutefois facultative. La carte d’identité pour tous ne devient obligatoire que sous Vichy, en octobre 1940 dans la vague des mesures de contrôle de la population par l’État français. À partir de 1942, la mention « Juif » est apposée, le cas échéant. La carte d’identité est effectivement délivrée et généralisée à partir de 1943, le numéro d’inscription au répertoire national d’identification des personnes physiques (NIR) lui étant intégré.

Cette mesure perdure à la libération, même si son caractère obligatoire disparaît en 1955.

Elle est modifiée en 1980 puis en